Une école comme celle de Jabboulé ne peut que regarder l’avenir. Son avenir et celui des enfants.
Nous habitons une région agricole qui a toujours eu du mal à se dévelloper et qui trop loin de beurouth, isolée, a été peu à peu abandonnée à elle-même.
Les évènements politiques au cours de 40 dernières années ont tendu à accentué l’isolement de la région.

  • 1975 – 1990 : La guerre civile a contribué à couper la Béqua nord du reste du liban. L’axe principale, le seul ouvret toute l’année passe par Chtaura, puis Dahr el Baidar. ce passage unique a souvent été coupé. Et la route unique reliant El Qaa (dernier village avant la frontière syrienne), Baalbeck, Zahlé était coupée par de nombreux barrages tenus par l’armée libanaise, l’armée syrienne ou parfois même des milices appartenant à tel ou tel parti politique. Si les barrages de miliciens ont disparu à la fin de la guerre, ceux tenus par les armées libanaise et syrienne sont restés jusqu’au départ des Syriens au printemps 2006. La région de la Béqua nord pouvait espérer redevenir un lieu paisible, attirer les touristes sur les sites de Aanjar (vestiges d’une cité Omeyade datant du VIII siècle), de Baalbeck ( importants vestiges romains datant du Ier siècle.), le “Crayon” de Hermel (monument pyramidale datant du II siècle avant jésus Christ.), les sources de l’Oronte et la découverte des montagnes qui e$ut pu attirer de nombreux randonneurs, chasseurs ou amateur de nature sauvage.
  • 2011 : la guerre civile débute en Syrie et va très vite déborder sur le territoire libanais. La Béqua nord borde la Syrie sur l’ouest, les force de Daesh y font des incursions, investissent le village Aarsel, pratiquent enlèvement et attentat. L’armée libanaise soutenue par les milices du Hezbollah se voient forcer d’intervenir pour protéger la population. Depuis, ‘armée libanaise a instauré des barrages aux points stréatégisques, ainsi que de nombreux camps retranchés.

La région se retrouve encore une fois isolée du reste du Liban.
L’école se doit d’accompagner les besoins des familles et dans cet objectif nous avons mis en chantier trois projet qui pour diverses raisons nous teinnent particulièrement à coeur.

1 : Transfert de l’école dans un nouveau bâtiment.

À la rentrée 2016, l’école comptait 630 élèves.
Depuis sa création, les locaux de l’école sont situés dans le vaste ensemble que constitue le périmètre du couvent. Construite alors que l’établissement n’acceuillait que des classes de primaire et une nombre d’élèves oscillant entre 350 et 400 élèves, les locaux sont devenus exigüs.
Les classes de primaire était regroupé dans trois petites classes situées au rez de chaussée. Les salles ne bénéficiait pratiquement pas de la lumière du jour, elle était sombre et vétustes. Cet environnement ne contribuait pas à instaurer une ambiance joyeuse et lumineuse si importante pour les enfants de petites sections.

  • En 2014, la congregation a décidé de remédier à ce problème et s’est résolue à offrir un cadre d’étude plus propice à l’épanouissement des enfants.

Dans les années 90, un projet d’école technique avait été commencé, sur un terrain mis à disposition de la Congrégation par l’archevêché de Baalbeck situé en face de l’école existante, de l’autre côté de la route. Mais celui-ci dut être abandonné faute de moyens financier. Une premier niveau avait cependant été bâti, sans être aménagé, et le terrain était resté à la disposition des soeurs.
Le projet fut entièrement repensé, les premiers financements trouvés et l’aménagement d’une partie du bâtiment lancé.

  • En septembre 2015 : une partie du rez de chaussée est entièrement équipé et la totalité des effectifs des petites sections (classes de maternelles) fut transférés dans les nouveaux bâtiments, toujours en construction.

Les locaux dans le nouveau bâtiment.

  • Rentrées futures : Le nombres d’inscriptions a été très nombreux lors de la rentrée 2014-2015, puis en 2015-2016.  Si l’ancien bâtiment accueillant les classes de primaires et de complémentaires, correspond aux exigences actuelles de nos effectifs et à celles non moins importantes imposées par l’Etat libanais. Si nous désirons continuer notre mission il nous faut transférer l’ensemble de nos classes dans le nouveaux bâtiments avant que l’Etat ne déclare que l’ancien ne répond plus au normes exigées.

Le chantier ne peut donc s’arréter et nous devons continuer à trouver des financements. Si la congrégation en assure une partie sans aide de l’état, il nous faut faire appel à des organismes, des donateurs, des mécènes qui partagent avec nous la volonté de participer au développement de notre école, de participer à notre volonté que ce petit coin du Liban continue à offrir à ses enfants, même les plus démunis, un enseignement de qualité et des valeurs de citoyenneté  dans un esprit de partage et de paix.

2 : L’école des parents.

Introduction :

Le projet s’adresse aux mères des enfants scolarisés à l’école épiscopale de Jabboulé.
Le projet pédagogique de l’école s’articule autour de trois axes :

  • Apporter un enseignement de qualité afin de permettre à chaque enfant, quelle que soit son origine sociale, d’accéder à l’enseignement secondaire et supérieur ;
  • Promouvoir l’éducation à la paix, à la non-violence et à la tolérance ;
  • Promouvoir l’égalité des genres. Dans le contexte social de le Bekaa, cela implique de valoriser le rôle de la femme de façon à lui permettre d’occuper une place à part entière dans la société ;

Ces principes sont fréquemment actualisés et des mesures, accessibles pour les enfants et leurs parents, très concrètes ont été mises en place : code vestimentaire tolérant (port d’une blouse uniforme en maternelle et en primaire, d’un polo à manches longues en complémentaire, port du voile toléré…), prière quotidienne commune et identique pour Chiites, Sunnites et Chrétiens, célébration des fêtes communes …
Au-delà de l’enseignement des matières scolaires, l’école éduque et apporte aussi aux enfants une sécurité matérielle et psychologique.

Une réponse adaptée au contexte socio-économique de la région.

La pauvreté et L’insécurité frappent tout particulièrement les enfants, acteurs les plus fragiles de la société. La plupart des enfants fréquentant l’école de Jabboulé présentent, à des degrés divers, des traumatismes psychologiques.
Dans cette partie du Liban, les femmes sont socialement peu valorisées. Beaucoup n’ont bénéficié que d’une formation scolaire très limitée. Rares sont celles qui ont fréquenté l’école au-delà de l’âge de douze ans. Après la scolarité obligatoire, elles se marient et ont leurs premiers enfants alors qu’elles sont encore très jeunes.
Or, depuis plus de 20 ans, le Liban est régulièrement confronté à la guerre et à la violence. Les enfants sont marqués par cette violence et beaucoup d’entre eux en sont profondément traumatisés. Leur comportement et leurs performances scolaires s’en ressentent. Par ailleurs, les parents et surtout les mères, sont peu préparés à répondre à ce comportement.
Au fil des années, l’importance de l’implication des parents dans la scolarisation de leurs enfants apparaît de plus en plus évidente non seulement pour les responsables de l’école, mais aussi les enseignants.
Il est difficile de transmettre aux enfants, des valeurs telles que la non-violence, le respect de la différence, le respect de l’environnement si l’enseignement donné à l’école n’est pas appuyé en parallèle dans le milieu familial et tout particulièrement par les mères qui, au sein de la famille est confié l’éducation des enfants, particulièrement quand ils sont jeunes.
Or, trop souvent, les responsables de l’école et les enseignants constatent que les enfants évoluent dans deux mondes entièrement séparés l’un de l’autre : l’école et la famille. Une réflexion a donc été lancée pour trouver comment faire communiquer ses deux mondes pour que  les  parents comprennent l’enseignement académique et l’éducation civique défendu à l’école, dont les parents n’ont souvent aucune idée.
Ainsi, l’école de Jabboulé a envisagé d’associer plus étroitement les parents et plus particulièrement les mères à la vie scolaire de leurs enfants en leur proposant un programme de formation qui leur permettra non seulement d’aider leurs enfants dans les travaux scolaires mais aussi de  leur proposer des moyens non-violents pour comprendre et réagir face aux comportements parfois agressifs et violents des enfants.
On peut estimer qu’environ 150 femmes participeront à cette formation.

Contenu de la formation :

  • Alphabétisation.
  • Culture générale.
  • Cours de français.
  • Psychologie de l’enfant.

Les matières scolaires seront présentées par des enseignants de l’école, auxquels seront adjoints des psychologues, des assistants sociaux et des médecins. Afin de faciliter les échanges dans le groupe, la formation contiendra également des matières techniques (cuisine, tricot…).
Outre leur compétence pour la matière enseignée, les formateurs auront une bonne connaissance de la région et des difficultés qu’elle traverse. La formation se déroulera dans les locaux de l’école, aux horaires scolaires, afin que les mères ne soient pas confrontées aux problèmes de garde de leurs enfants.

Coût et financement de la formation :

Afin de n’exclure personne, la participation à la formation sera gratuite.  Chaque session de formation s’étendra sur un trimestre.
Il est très difficile au Liban de recruter des intervenants bénévoles compétents et si nous voulons donner corps à ce projet, même si peut-être, certains intervenants accepteront de donner de leur temps libre, nous seront obligé de rénumérer cette formation.

Budget prévisionel :

  • Rémunération mensuelle d’un formateur représente 500 EUR (référence : salaire d’un enseignant à mi-temps).
  • Coût du personnel pour une session : 6 000 EUR.
  • Charges (chauffage, documents, matériel…) : 2000 EUR pour une session.
  • Coût total d’une session : 8 000 EUR.
  • Coût par participant : 320 EUR.

Cette formation sera organisée par trimestre, pour des groupes de 25 femmes. Pour toucher tout le monde, il faudrait étendre l’expérience sur deux ans.
nous cherchons donc des solutions pour financer ce projet et pouvoir enfin le lancer.